• Peut-on souhaiter ne plus être conscient?

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    Dissertation de Philosophie :




         ■ Sujet : << Peut-on souhaiter ne plus être conscient? >>



                 L'être humain ( d'aujourd'hui ) est un animal qui, nous le savons, dispose d'une conscience, d'une intelligence qui lui est propre et ainsi, est symboliste, ( aujourd'hui ) moderne, civilisé ( il vit dans une société structurée )... Il a une conscience, et de par ce fait, est conscient de ce qu'il est, de sa nature, et de la Morale universelle établie. Mais, dans une certaine mesure, ne regrette-t-il pas d'avoir conscience de justement avoir conscience de sa conscience ( la répétition peut sembler maladroite, mais elle suit une logique ) et, ainsi, d'avoir conscience de sa nature? Etre un humain n'est-il pas, de nos jours, parfois fatiguant, stressant, ennuyeux? Est-ce que notre conscience est vraiment si agréable et facile à vivre ; entièrement et uniquement bénéfique? Car après tout, notre conscience n'est pas une faculté nous permettant de ne voir que les bons côtés de qui et de ce que nous sommes, et de tout ce qui nous est "extérieur". Donc, en le sachant... peut-on souhaiter ne plus être conscient? Nous allons répondre à cette problématique en un plan en deux parties. Dans un premier temps, nous allons voir que la conscience ne nous est pas entièrement bénéfique et qu'on peut ne plus en vouloir. Dans un deuxième temps, nous traiterons de cette même conscience, de ce qu'elle nous apporte : elle est, après tout, la principale << source >> de notre humanité, de notre curiosité, de notre intelligence, et donc, de notre nature ( d'aujourd'hui ).

                 Pour commencer, parce qu'une telle problématique nous en donne "indirectement" l'évidence, nous allons voir que notre conscience peut nous être un fléau et, qu'ainsi, nous pouvons en effet souhaiter ne plus être conscient.
                 Tout d'abord, il est essentiel de comprendre que notre conscience actuelle est la plus développée ( du moins, à notre connaissance ). Etant l'être humain que nous sommes ( moderne, symboliste, intelligent, curieux... ), nous avons conscience d'énormément de choses en plus de notre nature : nous avons conscience des notions de temps et d'espace ; nous avons conscience du monde et de l'<< autre >> ; nous avons conscience de notre place dans le monde, dans la société, et donc, nous avons aussi conscience d'avoir de l'importance ( en sachant que c'est relatif, bien évidemment ) ; nous avons conscience de notre conscience, justement... Nous avons, par cette curiosité ( cet << étonnement >> ! ) si particulière et si typique à l'être humain, conscience de notre supériorité ( intellectuelle, sociale, ... ) et de tout ce que nous représentons ( nous sommes sur la << chaîne >> d'une évolution exceptionnelle et constamment croissante, après tout ). Et, à cause de cette conscience et du temps que nous avons à consacrer à ce que nous ressentons, nous souffrons. Nous souffrons parce que nous sommes évolués et parce que, malgré ça, nous restons égoïstes et égocentriques : nous sommes, naturellement et avant tout, le centre de notre propre attention ( tout ce que nous faisons, nous le faisons, en premier lieu, pour nous, même si on peut en croire le contraire ; ce n'est pas une critique, mais l'établissement d'un fait : si nous n'agissons pas par réflexe, par besoin, ou par envie, nous le faisons parce que notre conscience nous dit de le faire ). En étant le centre de cette attention, nous sommes donc, bien évidemment, attentifs à nos états psychologiques et, vivant dans une société stressante et complexante, nous subissons notre état d'humain moderne. Nous avons beau vivre de confort et de luxe ( comparé aux simples animaux ), nous nous devons ( par exemple ) de gagner cette vie ( qui nous est contemporaine ). Nous devons la gagner par un travail que nous fournissons : nous échangeons nos services pour de l'argent. Mais, ce n'est pas toujours facile à vivre : beaucoup de travaux requièrent des compétences sociales, par exemple, ce qui ne convient pas à tout le monde ( par timidité, malhabilité sociale, sous-estimation de soi... ) : nous prenons aujourd'hui, bien souvent, un travail qui ne nous plait pas juste pour gagner convenablement notre vie et parce que, pour quelque raison, nous ne pouvons en prendre d'autres. Parce que nous avons une conscience, nous pouvons très mal le vivre et vouloir ne plus être physiquement et/ou psychologiquement conscient.
                 Ensuite, le fait d'évoluer, peut-être assez étonnamment revient, en quelque sorte, à se dépersonnaliser. L'étrangeté d'un individu est considérée, bien souvent, comme une menace par l'<< autre >>. L'être humain est un << animal >> fait pour vivre en communauté, alors il a naturellement peur de la solitude ( intellectuelle, physique, morale... ). Par tous les moyens, donc, il cherchera à s'adapter à l'<< autre >> : il n'est pas entièrement accepté par l'<< autre >> si il reste lui-même, original, exceptionnel, unique... ce qui est, en soi, paradoxale : il ne sera pas non plus accepté pour qui et pour ce qu'il est si ce qui est accepté de lui n'est qu'en fait une image mensongère, dépersonnalisée ( et qui s'est donc faite d'un << vol d'identité >> ) et adaptée à la masse. Du fait de devoir se faire passer pour << quelqu'un d'autre >> afin de s'adapter à la société ( qui, elle, s'est vue incapable de l'accepter pour sa plus << vraie >> identité ( personnalité ) ) et de ne pas avoir à subir les jugements et les préjugés de l'<< autre >>, l'individu ne peut que psychologiquement ( voir physiquement ( pour les plus extrêmes ) ) souffrir. Et bien sûr, pourquoi vouloir avoir conscience de ne pas être accepté pour qui nous sommes vraiment? Et pourquoi vouloir souffrir d'être, aux yeux de l'<< autre >>, quelqu'un d'autre ( dans le cas où nous cherchons à nous adapter à l'<< autre >> )? Parce que nous avons peur de la solitude ( malgré le fait que nous sommes seuls avec nous-même ), nous avons besoin de l'<< autre >> ; et, à défaut de ne pas être accepté par lui, nous ne voulons pas qu'il nous rejette, et ce, qu'importe ce que nous voulons croire ou faire croire : nous restons, heureusement et/ou malheureusement, sensibles. De ce fait, notre condition d'être vivant et conscient nous est un fardeau, et nous ne voulons qu'oublier nos maux et, ainsi, en être inconscient, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Après tout, être humain revient à dire avoir des états psychologiques, une personnalité et un comportement qui nous est propre, et si l'<< autre >> ne l'accepte pas, ça revient à dire que notre existence n'a pas de valeur ( du moins, nous le ressentons comme tel ) : malgré cet égoïsme et cet égocentrisme qui nous est si typique, nous avons besoin de l'<< autre >>, et donc, nous avons besoin qu'il nous accepte. Si il ne le fait pas, pourquoi voudrions-nous garder notre conscience? Etre humain revient, aujourd'hui, à souffrir de ne pas être accepté ( et d'être seul ) ; ce n'est qu'un exemple.
                 Enfin, en premier lieu... veut-on vraiment être conscient? Et conscient de quoi, au juste? De notre humanité? Un pauvre voudrait probablement ne plus avoir conscience de sa pauvreté, n'est-ce pas? L'être humain est si facilement émotif que ce qu'il nous manque nous est plus douloureux que réellement absent, parce que nous nous comparons sans cesse à l'<< autre >>, et que ses propres exigences font nos insatisfactions : ce dont il se plaint nous influence parce que lui-même nous influence, et alors, nous réagissons comme il le fait et en influençons d'autres à notre tour, sans forcément le vouloir. Notre conscience du monde en lui-même et de l'<< autre >>, de tout ce qui nous est extérieur, nous permet de nous situer. Certains pourront bien sûr se satisfaire de qui et de ce qu'ils sont ( et donc, de leur place et de leur importance et dans la société, et pour l'<< autre >> ), mais à dire les choses comme elles sont, ce n'est plus réellement le cas de la plupart des gens. L'Homme d'aujourd'hui est un être insatisfait, qui veut toujours plus que ce qu'il a et qui, du fait de ses insatisfactions, se retrouve à quémander et critiquer : la psychologie humaine fait que l'insatisfaction, si elle est constante, amène peu à peu à voir ce qui nous est extérieur d'un << oeil mauvais >>, voire même avec colère. De ce fait, pour répondre à ces insatisfactions, un individu, probablement, se verra devenir ( relativement ) désagréable ( et pas forcément sans le regretter par la suite ). Avoir conscience de nos insatisfactions ( et éventuellement de comment nous y réagissons ) nous est plus que désagréable, et c'est quelque chose que nous pouvons vivre relativement mal.
                 Donc, nous pouvons dire que la conscience ne nous est pas uniquement bénéfique : nous pouvons très mal la vivre. Qu'elle soit physique, intellectuelle, morale... la conscience ne nous fait pas uniquement faire face à ce que nous voulons bien voir et accepter.

                 La conscience, c'est un état d'éveil, une faculté exceptionnelle qui nous confronte à tout ce que nous vivons comme étant menaçant, désagréable, ennuyeux... mais aussi à tout le reste ! tout ce qui nous est bénéfique et agréable ! Car avoir conscience, c'est être l'humain que nous sommes, et c'est donc vivre la réalité comme elle est ( bien... c'est général : il y a toujours des exceptions ).
                 En premier lieu, il est évident que notre conscience de monde, de l'<< autre >>, et de nous-même fait ce que nous sommes : modernes, symbolistes, intelligents... Grâce à notre conscience ( pour ne rien répéter, de tout ce que nous avons conscience ), nous sommes les êtres vivants les plus évolués de cette planète. Nous ne pouvons plus même nous considérer comme de simples animaux : nous sommes bien trop évolués et humains ( dans le sens psychologique que nous y donnons aujourd'hui ) pour ça. Nous sommes particuliers ; nous sommes supérieurs et, à dire les faits tels qu'ils sont, nous dominons notre planète : nous cultivons nos terres, nous élevons des animaux, nous créons... Là où les animaux adaptent leurs besoins à la nature, l'être humain adapte la nature à ses besoins. Nous nous servons du monde pour vivre, certes, mais également, nous l'adaptons et le façonnons, en quelque sorte, à notre image... Comment pourrions-nous même envisager de faire quelque chose de si... exceptionnel ! sans notre conscience? Il n'y a qu'une réponse : nous ne le pourrions pas, parce que c'est notre conscience qui fait notre réussite ( car oui ! la vie que nous menons, si nous devons la comparer aux autres animaux, est une réussite ( nous pourrions même dire qu'elle est plus que ça ! ) ). Nous avons besoin de notre conscience ; nous avons besoin de notre société et de nos morales afin de conserver un semblant d'ordre et/dans une vie en communauté.
                 De plus, actuellement, le simple fait d'envisager ne plus avoir notre conscience est juste aberrant ! Nous ne devons et ne pouvons nous débarrasser de ce qui est, avec notre imagination, la plus belle chose dont l'être humain soit doté ! Notre conscience est ce qui fait notre humanité, nos morales... c'est ce qui nous garde dans le droit chemin quand notre côté bestial ( << pulsions de mort >> ) pourrait et voudrait commander notre corps. Notre conscience est autant celle qui nous condamne ( certes ) que celle qui nous sauve, et elle nous est notre plus grande utilité. Si nous n'avions pour nous que notre intelligence, nous nous perdrions nous-même et ne serions, en fait, que des épaves de réflexions plus logiques qu'humaines... Notre conscience est ce qui nous équilibre, qui fait notre humanité, et qui donne du sens aux choses, au monde, à l'<< autre >>, à nous-même, et donc, justement, à nos réflexions... Nous sommes des humains, pas des machines ! et notre conscience est là pour nous le rappeler.
                 Pour finir, nous pouvons dire qu'un être humain insensible n'est pas humain : c'est bien sûr faux, mais ces mots sont pensés par la majorité des gens. Un humain, si il n'est qu'un corps, est un humain mort : ne rien ressentir revient à ne pas avoir, pour << soi >> ( ce qui est paradoxale du fait de l'égoïsme de tout individu ( humain ) ), un sens à sa vie. Une des pires choses qui pourraient nous arriver, probablement, serait justement d'exister sans vivre ; bien heureusement, donc, nous avons une conscience et ne vivons pas d'existence plate et sans intérêt ( même si elle peut nous en sembler la plus malheureuse et la plus misérable, car notre conscience nous garde suffisamment << éveillés >> pour continuer à considérer tout ce qui nous est extérieur, et à nous considérer également ). Nous apprécions, aimons ; et sans conscience, nous ne le pourrions pas. Notre conscience, quelle que soit sa forme ( physique, morale, intellectuelle... ), est certainement notre plus belle merveille, un mystère des plus fascinants ! Sans conscience, nous serions << fermés >> à nos ressentis et en serions probablement encore à un état sous-évolué ( de notre race ), à essayer de survivre plus que de vivre.
                 Donc, notre conscience peut nous sembler, parfois, le plus lourd des poids, mais elle est un besoin aujourd'hui ( presque ) vital : nous ne pouvons concevoir vivre dans le monde moderne sans notre conscience. Et certes, nous subissons notre conscience, mais, en premier lieu, cette même conscience n'aurait aucune valeur positive ( et donc, on n'en tirerait aucun bénéfice ) si elle n'avait pas de valeur négative.

                 Pour conclure, nous pouvons dire que notre conscience est << un bien pour un mal >>, et que du fait dudit << mal >>, nous pouvons souhaiter ne plus être conscient. Mais, sans notre conscience en premier lieu, nous n'aurions pas développer notre langage ; si ça avait été le cas, nous ne pourrions donner de sens aux choses ( car, bien sûr, c'est par la conscience que nous le pouvons, mais c'est plus précisément de par notre langage, de par nos mots, que nous donnons du sens aux choses ). Et si nous ne donnons de sens aux choses, alors, en premier lieu, nous n'aurions pas même de raison de ne plus vouloir être conscient. Notre conscience est un outil fabuleux dont nous devrions nous servir au mieux, et non en souffrir ( exagérément, souvent, car nous en avons justement conscience et faisons involontairement et/ou inconsciemment une fixation dessus, ce qui, justement, accentue nos maux ). Encore faut-il avoir conscience de tout ça... ce qui, bien évidemment, ne nous empêche pas forcément de souhaiter ne plus être conscient. Mais ! ça ne nous empêche pas non plus d'accepter notre conscience et/ou de la considérer comme une chance !
     
      
      

    Real-Illusion
       
      

              Notes :
     
                ■  J'ai écrit cette dissertation le 16/11/2012, en devoir surveillé de Philosophie.
                ■  Cette dissertation m'avait valu la meilleure note de la classe, soit un 18/20.
                ■  Vous n'êtes pas obligés d'adhérer à ce que j'ai écrit : il s'agit d'une philosophie totalement personnelle, et je ne force personne à être de mon avis.
                ■  Je n'avais pas cherché à soigner ma copie, alors je suis désolée si la lecture de ma dissertation vous est désagréable.

     

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